Lundi 8 mai 2006
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13:47
A pekin, Shanghai, Canton ou Shenzhen, les expats ont plein de bonnes raisons pour être là : Au choix, un contrat avec une société implantée en Chine, un buisness perso, l'apprentissage du Chinois dans une grande université... Dans les villes plus confidentielles comme Zhengzhou c'est presque toujours pour enseigner l'Anglais ou le Français avec plus ou moins de qualifications d'ailleurs, sinon il y a aussi les arts martiaux avec la proximité de Shaolin et le village (j'ai le nom pas loin mais là je sèche) où l'on a inventé le taijiquan. Quelques buisnessmen trainent bien dans les hotels 4 étoiles, mais il faut dire ce qui est vrai le buisness ici n'est pas exactement à l'international. Les étrangers, il y en a peu, et ceux qui ont des qualifications plus conformes aux exigences des multinationales ont tendances à se rabattre sur les capitales plus cosmopolites. Moi je suis actuellement prof de Français à droite à gauche ce qui me permet de vivoter avec un salaire moyen qui ferait sourire plus d'un; d'ailleur là je le vois bien vous vous marrez déjà.
Le reste de mon temps est désormais occupé à apprendre le chinois à la fac parce que tout seul ça ne rentre décidemment pas assez vite. Pourtant j'avais un bon job en france, des revenues confortable dans une France où pourtant même mes potes médecins, ingénieurs et cadres se galèrent avec un appart minable en location, je ne parle pas de ceux qui sont artistes alors laissez tomber, ils sont carrément dans la mouise. J'ai tout plaqué parce que en France j'avais le spleen le blues et que j'allais péter les plombs. Ce qui est interressant c'est que autour de moi les expats ont tous tout plaqué sans même planifier un retour. Parmi eux des déprimés en rupture, des mecs qui sont recherchés par la police en Europe, des loosers en quête de gloire, des mythos fini et peut être même (mais là je n'ai pas de preuve) des assassins. Zhengzhou c'est un lieu où l'on peut se faire oublier, on y vit avec très peu d'argent, sans trop travailler si on est étranger et l'on redécouvre les plaisirs et les problématiques simples de la vie : aller à son rhytme, travailler, choisir sa nourriture, trouver l'âme soeur, prévoir des sorties avec les amis... Tout cela sans le stress des jobs à responsabilité, sans le poids des putain d'abonnement (maladie française) ou frais fixe qui finissent par représenter l'essentiel d'un budget sans cesse plus serré malgré les augmentations. Depuis que je suis à Zhengzhou je ne me suis crée aucun besoin, j'ai plutôt brisée les chaines de pas mal d'accoutumances. Alcoolo, je buvais trop de vin. Ici je n'ai pas les moyens d'en boire! les gadget technologiques qui m'obsédaient, plus besoin : pas de transport en commun, pas besoin de MP3! je ne rentre plus du boulot à 9h du soir, plus besoin de plats facile à préparer je peux cuisiner tranquille. Je dois me déplacer, je prends mon vélo. Si je m'ennuie, je sort dans la rue je vais forcément voir un truc incroyable. Le seul défaut c'est que depuis que je suis ici je n'ai pas lu un livre, pas le temps! Pourtant si je décortique mon emploi du temps il n'a pas été si peu chargé depuis la fac de cinéma.
Il y a pourtant une ombre au tableau et elle plane sur la vie de tous ceux qui comme moi s'abandonnent à la pleinitude des besoins essentiel : la nécessité du retour. OUi il faut penser à la retraite, oui si je reste ici je vais claquer de cancer ou d'accident de voiture comme tout les chinois. La simple idée de rentrer dans le système Français et son cortège d'obligations bureaucratique, les fonctionnaires réfractaires et grêvistes, les budget serrés et le regard des autres sur ce qu'on a et ce qu'on fait, cette idée me glace le sang me réveil la nuit. Un jour, un ami Irlandais (paix aux cendres de son équipe nationale) m'a dit que ZZ c'était comme neverneverland le monde de Peter Pan où tout le monde oublie tout. C'est assez juste mais il arrive que l'on se réveil, que l'on sorte de ce coccon l'espace de quelque secondes pour être plongé dans l'effroi pour plusieurs jours.
la photo c'est ma bien aimée et moi : on écrase et on boit frais à Zhengzhou...